Résumé : De la gravure sur bois à la photogravure

Résumé : De la gravure sur bois à la photogravure

Afin de publier un peu plus régulièrement (lol…), je vous propose des notes résumés de chapitres ou d’articles que je lis en japonais, mais les sujets sont totalement aléatoires. Je n’ajouterai pas d’explications car je les réserve pour d’autres billets, mais j’écrirai parfois un petit commentaire sur ce qui me vient à l’esprit en relisant à la fin.

Pour aujourd’hui, je vous propose un résumé du chapitre : De la gravure sur bois (木版印刷) à la photogravure (亜鉛凸版), de l’ouvrage : Nihon Manga Zenshi, de Shûji Sawamura.

Pendant Meiji (1868~1912), des nouvelles méthodes d’impression et des nouvelles techniques occidentales sont introduites (au Japon), telles la photogravure en 1877 et la phototypie (写真凸版) dans les années 1890. Grâce à ces techniques d’impression modernes, l’industrie des médias fait un bond en avant en terme de quantité et de qualité.

Se développent alors des systèmes de stockage et de vente beaucoup plus vastes et élaborés qu’ils ne l’étaient auparavant, où l’on aboutit, dans le même temps, à des nouvelles méthodes de livraisons. Ce phénomène devient un facteur déterminant dans le développement du journalisme. De nombreux journaux apparaissent : (Mainichi Shinbun (1872), Yomiuri Shinbun (1874), Asahi Shinbun (1877), Chûnichi Shinbun (1886), Chûgoku Shinbun (1892)) pour les plus connus encore actuellement). Afin d’en vendre un maximum, on cherche à obtenir l’opinion publique en publiant des illustrations satiriques faciles à interpréter qu’on appelle désormais fûshiga (風刺画). La demande s’intensifie tant et si bien qu’elle a pour conséquence d’augmenter leur production comme leur publication. Et pour les artistes, c’est aussi une occasion en or pour mettre au point des nouvelles formes d’expressions.

Asahi Shinbun #246, 1879. Voir d’autres exemples ici.

Voilou. C’est très court, yep. Je pense que les plus férus en matière d’histoire du manga comprennent où le texte veut en venir, à savoir, le point de départ du journalisme moderne qui mènera à l’apparition des comic strips (yonkoma manga) aka : les premiers mangas.

J’ai bêtement tendance à ne pas mélanger les fûshiga et les mangas puisque la démarche devient peu à peu différente avec l’évolution du sens de l’expression manga. Les fûshiga descendent des caricatures giga (戯画, caricature d’Edo), et les mangas « modernes » descendent des fûshiga.  Ces giga sont assez importants. Le plus connus d’entre eux est sans aucun doute le rouleau chôjûgiga (鳥獣戯画, Caricatures de personnages de la faune). Mais il en existe bien d’autres. Certains d’entre eux possèdent des spécificités qu’on retrouve dans la bande dessinée, comme le découpage en case, les textes écrits de façon à donner l’impression que c’est le personnage qui parle, des formes qui font penser à des bulles. Voila pourquoi on dit souvent que le giga est le « manga d’Edo » lors des expositions, alors que rien n’est encore véritablement unifié et popularisé. Ils sont néanmoins très intéressants pour découvrir l’évolution de chacun des éléments qui composent le manga moderne.

Et de la même manière, le fûshiga use parfois de certains des éléments qui composent le manga moderne, mais son lien avec ce dernier est plus direct car les premiers mangakas sont influencés par les fûshiga publiés dans les mêmes revues et les journaux. Je pense notamment à Tokyo Puck et Jiji Shinpô.

Entre les deux, plusieurs artistes, en particulier Hokusai, dessinent leurs mangas, qui sont parfois des représentations du quotidien sans trait d’humour, parfois des caricatures. Dans ce cas, on est dans un croisement avec les sens primaires du mot manga : « ki no muku mama ni e wo egaku/bunsho wo kaku » : dessiner/écrire comme on l’entend, ou bien « manzen wo egakareta e » : un dessin sans but (particulier). Ce sont des sens que des auteurs japonais auraient donné à d’anciens mots chinois : 曼筆/漫画 (man’hitsu/mankaku, oui, mankaku) qui sont les ancêtres du mot manga. A vrai dire, il existent même une théorie en rapport avec un oiseau appelé spatule blanche… Dans tous les cas, on remarque qu’il n’est pas forcément question de caricature. C’est d’ailleurs ce qu’indique Isao Shimizu dans… je ne sais plus quel bouquin. (désolé, il faut que je le retrouve.. ^^ »). En gros, il explique que les anciennes définitions ne possédaient pas le sens de caricature. En fait, Hokusai a dessiné un peu de tout dans ses fameux « mangas », à la fois des scènes du quotidien, des croquis, parfois de la caricature. De là, le sens de manga en tant que caricature s’est popularisé alors qu’il était déjà question de fûshiga. Ces deux expressions se sont emmêlées à un point où, de nos jours, on ne sait pas vraiment ce qui est du manga ou du fûshiga. Ce mélange subtil est même très exactement la raison pour laquelle on trouve, au Japon, beaucoup de livres employant le mot manga dans leurs titres alors que leurs auteurs parlent essentiellement des caricatures allant d’Edo à Rakuten Kitazawa + son évolution jusqu’à aujourd’hui. Si tu trouves cela très étrange, je suis tout à fait d’accord avec toi. Mais peut-être que tu m’as perdu depuis le premier paragraphe. :p

Donc, oui, on peut avoir l’impression que le manga existe depuis longtemps mais, à mes yeux, c’est finalement très rare, on est encore loin d’unifier ces éléments pour obtenir le manga moderne telle qu’on le connait aujourd’hui. Cela n’arrive pas avant… les comic strips de Beisaku Taguchi en 1896 et ceux de Rakuten Kitazawa en 1902. C’est d’ailleurs ce dernier qui reprend l’expression manga pour l’employer dans son sens quasi-actuel.

Sinon, je vous recommande vivement de lire Histoire du manga de Karyn Nishimura-Poupée. Pour ma part, je replonge dans Durarara.

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